Peinture de Guerre : Les grandes chronique de France de Jean Fouquet (1420-1480)

On fait un retour dans le passé dans ce nouvel article de Peinture de Guerre avec l’artiste Français de la fin du Moyen Âge Jean Fouquet. L’on sait peut de chose sur la vie de Jean Fouquet. Originaire de Tours ses années de formation son assez obscure et fait encore l’objet de débat. L’on sait seulement qu’il fit un voyage en Italie qui le mit certainement en contact avec des peintres italiens de la cour des Médicis de Florence. De retour en France dans les années 1450, il s’installe à Tours ou il travail pour les notables locaux et en particulier le clergé. Il devient peintre du roi Louis XI à partir de 1475. Reconnue de son vivant il tombe ensuite dans l’oubli avant sa réhabilitation au XIXe avec l’époque romantique et l’on redécouvre alors l’ampleur de son œuvre. Il est surtout connue pour ses autoportrait mais c’est surtout un artiste très polyvalent qui travailla autant sur des tapisseries, vitraux ou enluminures.

L’une de ces principales œuvres est  « Les grandes chronique de France » ou l’on retrouve de nombreuse scènes de batailles. Les grandes chronique de France est un manuscrit de plus de 50 enluminures premièrement de petites tailles puis plus importante dans la fin de l’ouvrage certainement commandité par le roi Charles VII en personne. Deux thèmes ressortes de cette œuvre: la relation avec l’Angleterre et les croisades. Le roi y est toujours représenté victorieux. La guerre y tient un place particulièrement importante, la première enluminure évoquant la victoire d’un roi mérovingiens sur les danois. Dix-sept des cinquante et une miniatures et figurent presque toutes dans la première partie de l’ouvrage La guerre de Cent Ans est à peine évoquée.

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Charlemagne à la Bataille

Toutes ces batailles sont l’occasion pour l’enlumineur, ici devenu peintre, de déployer un art de la composition et du mouvement, ainsi qu’un sens théâtral du traitement des foules, art qu’il affectionne tout particulièrement.Ainsi souvent personnage principale est représenté en armure dorée pour attirer le regard de même il est toujours situé au centre de la scène. Sur la scène de Charlemagne l’on s’aperçoit de la filiation Français ( fleur de lyse) du monarque mais aussi son statut d’empereur ( aigle ). L’autre particularité du travail de Jean Fouquet pour les batailles et le dynamisme de ses personnages en particulier celles de chevaux qui semble littéralement bondir.

Autre thème récurant dans le travail de Fouquet est la lutte contre les « infidèles ». Comme dans cette enluminure

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Bataille de Vienne 879 , Louis II et Carloman battent les Normands

 

Ce qui est intéressant sur ce travail ce sont les codes qu’a utilisé Jean Fouquet pour faire comprendre que les Normands étaient les ennemis et infidèles. L’on trouve des cavaliers à cheval qui combattent avec un arc hors les normands n’était pas des connus pour être de archers à cheval. L’on reconnait aussi en fond le drapeau de la tête de maure qui fait référence donc au musulman. Jean Fouquet assimile donc la figure de l’ennemi et de l’infidèle a celle du combattant musulman et à l’époque Ottoman. L’empire Ottoman est alors en pleine expansion contre les vestiges de l’empire Byzantin. D’ailleurs plusieurs appels à la croisade du pape à la fin du XV resteront sans réponse mais l’on sent bien que vision l’on se fait de l’infidèle à l’époque.

A bien des égards le travail de Jean Fouquet est remarquable pour l’époque. Il est peut-être trop méconnue du grand public mais il est le lien incontournable entre l’art de la fin du moyen age et celui de la renaissance italienne.

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